Anita Conti, "Dame de la mer" est pionnière de l'océanographie
« Sur le sol terrestre, aujourd’hui, on produit, méthodiquement.
Dans le milieu océanique on exploite, aveuglément. »
Anita Conti
Anita Conti dite » la Dame de la mer » est passionnée toute sa vie par le milieu des océans, cherchant inlassablement à en percer les mystères et s’avère être la véritable pionnière de l’océanographie.
Née le 17 mai 1899 dans le Val-d’Oise, la voyageuse des mers, également photographe, cinéaste, journaliste, essayiste, poète, meurt le 25 décembre 1997
à Douarnenez, par une nuit de tempête.
Avant-gardiste et active, Anita Conti est également pionnière dans le domaine de l’aquaculture
et la sensibilisation de la population aux conséquences de l’activité humaine sur les océans.
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le livre BD « ANITA CONTI Catel & Boquet » des éditions Casterman.
Journaliste spécialiste du monde marin et passionnée par les gens de la mer, c’est notamment à bord d’un chalutier de la Grande-pêche sur les bancs de Terre-Neuve, (une première pour une femme) où elle y partage durant 5 mois la rude vie des équipages et pêcheurs de morue en Atlantique, qu’elle utilise sa plume d’écrivain pour y raconter ce voyage hors du commun… l’océanographe peut alors observer que le poisson qui est stocké en abondance sur le bateau.
En 1952, elle écrit donc entre-autre ceci: « Les champs marins auraient-ils besoin, comme les champs terrestres, d’un rythme de repos? (…) Les grands bancs de Terre-Neuve ne sont plus ce qu’ils étaient. Les morues disparaissent, on ne peut continuer à ce rythme là. »
L’effondrement de cette pêcherie en Terre-Neuve, due à la pêche excessive, provoque à l’époque un nombre non négligeable de pertes d’emplois directs et indirects.
Lanceuse d’alerte, Anita Conti annonce déjà à l’époque la diminution de l’espèce.
On notera d’ailleurs que dès les années 1990, la taille des cabillauds est de façon stupéfiante, diminuée de moitié.
Ainsi Anita Conti fait moult voyages durant sa vie, passant par des harenguiers de Dieppe, puis chalutiers de Boulogne , mais encore par les saisons de pêche à la morue au large de l’Islande, en compagnie de marins bretons. Elle passe aussi par le Canada, et par l’Afrique notamment en Mauritanie et Guinée Conakry. L’océanographe passionnée y étudie la nature des fonds marins, les estuaires, les rivages, les différentes espèces de poissons et leur valeurs nutritives, afin de pallier les carences en protéines des populations locales.
Durant sa vie consacrée à la mer, Anita Conti alerte sur l’écologie.
Alarmée par la situation de la surpêche qu’elle découvre, Anita Conti dénonce ainsi la surexploitation des océans et les conséquences catastrophiques de la pêche à outrance.
Malgré des frayeurs inhérentes au monde marin, tout au long de sa vie, elle étudie, observe, et alerte sur la surpêche et le raclage des fonds marins.
Le saviez-vous?
C’est Anita Conti, « la Dame de la mer », qui en 1939, à bord du chalutier Viking, conçoit et réalise les toutes premières cartes de zones de pêche!
Elle effectue également des relevés de température de l’eau et de salinité, afin d’étudier leur influence sur les écosystèmes et la ressource halieutique.